À table
Menu semaine 1 personne
4 octobre 2026

Un menu semaine pour une personne se décide le dimanche, pas le mardi à dix-neuf heures devant la porte du frigo. Ce qui coince en cuisinant seul n’est pas la cuisine, c’est l’organisation : une recette prévue pour quatre finit en trois jours de restes, la salade brunit le mercredi, et l’on remange la même assiette jusqu’à l’écœurement. Le rythme qui tient est celui qu’on se refile entre voisins : une séance de courses, une séance de cuisson, et des repas qui défilent sans qu’on ait à décider quoi que ce soit.
Le tour de la question
Trois croyances méritent d’être écartées avant de remplir le premier caddie.
La première : cuisiner pour un seul serait deux fois plus de travail. Faux. La cuisson ne change pas, seules les portions changent. Éplucher trois carottes ne prend pas plus de temps qu’en éplucher six, et la vaisselle est la même.
La deuxième : il faudrait acheter en gros pour que ce soit rentable. Pour une personne, l’inverse est vrai. Un cageot de tomates qui pourrit à moitié coûte plus cher qu’une barquette de quatre. Le gaspillage annule l’économie.
La troisième : un menu de la semaine serait bon pour les familles. Une personne seule en a plus besoin qu’un foyer de cinq.
Le repère le plus solide ne concerne pas la logistique. Pour une alimentation équilibrée, l’Assurance maladie recommande au moins cinq fruits et légumes par jour et des légumes secs au moins deux fois par semaine (ameli.fr, alimentation équilibrée de l’adulte, 2026). Cette phrase dessine la semaine à elle seule : des légumes à chaque dîner, deux repas de lentilles ou de pois chiches, et des fruits en sortie de table plutôt qu’en dessert sucré.
Les ingrédients et le matériel, sans superflu
Quatre objets suffisent : une poêle, une casserole, un plat à four et deux boîtes en verre de la taille d’un repas. Une balance évite les restes par excès. Aucun robot ne fait gagner du temps à une personne seule, on passe plus de temps à le monter et à le laver qu’à couper deux oignons.

Au placard, on garde une base qui ne s’abîme pas : riz, pâtes, semoule, lentilles et pois chiches, conserves de tomates, huile d’olive, oignons, ail, épices, bouillon, parmesan. Cette étagère sert de filet de sécurité les soirs de fatigue : un bouillon, une conserve de pois chiches et une poignée de pâtes donnent un dîner en vingt minutes.
Le rythme des courses suit une règle simple : le frais tous les trois ou quatre jours, l’épicerie sèche une fois par mois. Les portions tiennent dans la main, une main de féculents crus, la moitié de l’assiette en légumes, une portion de protéine de la taille de la paume.
La préparation pas à pas
On commence par le carnet, sept lignes et un plat par soir. Vouloir de l’inédit chaque jour est l’erreur classique : mieux vaut trois plats répétés deux fois, et un samedi qui vide les restes.
Vient ensuite la séance de cuisson, le dimanche, une heure et demie montre en main. Une casserole de lentilles, une plaque de légumes au four, une sauce tomate, une casserole de riz. Ces préparations tiennent trois à quatre jours au réfrigérateur et la moitié part au congélateur en portions. On ne cuisine pas sept repas, on cuisine quatre ingrédients qui se recombinent. Notre carnet de batch cooking à imprimer tient sur une seule feuille.
Le reste de la semaine consiste à réassembler, pas à cuisiner. Lentilles et œuf mollet un soir, pâtes à la tomate le lendemain, pois chiches rôtis et semoule ensuite. Un quart d’heure par repas, une assiette et une casserole à laver.
| Jour | L’assiette du soir | Ce qui se prépare d’avance |
|---|---|---|
| Dimanche | Légumes rôtis et lentilles | la casserole de lentilles, la plaque de légumes |
| Lundi | Lentilles, œuf mollet, salade | deux œufs durs de plus |
| Mardi | Pâtes à la tomate, parmesan | la sauce tomate de base |
| Mercredi | Pois chiches rôtis, semoule, crudités | une barquette de pois chiches épicés |
| Jeudi | Soupe de légumes, tartine de fromage | la soupe, dont deux portions congelées |
| Vendredi | Riz sauté, légumes, herbes | le riz cuit à l’avance |
| Samedi | Ce qui reste, réinventé | rien, c’est le jour sans plan |
Les ratés classiques et comment les rattraper
Le premier est le trop-plein : on cuisine comme pour quatre et le frigo se remplit de barquettes tristes. La correction tient aux contenants, une seule taille de boîte, la taille d’un repas. Ce qui ne rentre pas part au congélateur le jour même, pas le jeudi quand l’envie de jeter l’emporte.
Le deuxième est le frais perdu. Herbes, salade et fruits mûrissent plus vite qu’on ne les mange. On lave, on coupe et on congèle le jour de l’achat ce qui ne tiendra pas trois jours. Les herbes finissent hachées dans un bac à glaçons avec un filet d’huile.
Le troisième est la lassitude, et c’est elle qui fait abandonner les menus au bout de deux semaines. La parade : cuire des bases neutres et changer l’assaisonnement. Les mêmes pois chiches passent du citron-cumin au paprika pour trente secondes d’effort.
Le quatrième est le dîner grignoté debout, faute de rien de prêt. Le remède tient en une boîte d’avance au réfrigérateur, et de quoi improviser quand des amis passent : de quoi monter un apéritif dînatoire en dix minutes.
Le bon tuyau en plus
Le tuyau du quartier, celui qui circule dans l’escalier, c’est la liste collée à la porte du frigo. On la complète au moment où l’on vide un paquet, jamais juste avant de partir faire les courses. On y note ce qui manque, pas ce qui ferait envie : la différence se voit sur le ticket de caisse.
Deuxième tuyau : acheter le frais en petite quantité et cuisiner en grande. Deux courgettes achetées, quatre portions de soupe cuisinées.
Troisième tuyau, qui paraît hors sujet : accrocher les tâches récurrentes à un jour fixe. La cuisson du dimanche, les courses du mardi soir. Le principe vaut aussi au jardin, où l’entretien des arbres se fait à date fixe une fois par an. Ce qui a une date se fait. Ce qui attend le bon moment ne se fait jamais.
FAQ
Comment organiser les menus quand on vit seul ?
Sept lignes sur une feuille, trois plats répétés deux fois et un samedi qui vide les restes. On tient ensuite une seule séance de cuisson hebdomadaire, où l’on prépare quatre bases qui se recombinent. C’est la constance de la séance, plus que la variété des recettes, qui fait tenir le système dans le temps.
Quelle quantité de courses prévoir pour une personne par semaine ?
Le frais s’achète pour trois ou quatre jours, en petites quantités, et l’épicerie sèche au mois. On cuisine en revanche de plus grandes quantités que ce qu’on mange le soir même : ce décalage fournit les repas suivants sans rien jeter. Les portions se dosent à la main, sans balance.
Comment éviter de se lasser en cuisinant pour une personne ?
En cuisinant des bases neutres et en changeant l’assaisonnement chaque soir, citron et cumin un jour, paprika et herbes le lendemain, sur les mêmes pois chiches ou le même riz. La variété vient de la finition, pas de la cuisson.
Faut-il un menu équilibré même en vivant seul ?
Oui, et le repère est simple : au moins cinq fruits et légumes par jour et des légumes secs au moins deux fois par semaine (ameli.fr, 2026). Un menu écrit aide parce qu’il rend le légume visible dans la semaine. En cas de fatigue inhabituelle, de doute ou de régime particulier, l’avis d’un médecin ou d’un diététicien reste la seule référence.
Le conseil applicable dès ce soir : ouvrez le frigo, notez sur une feuille les trois ingrédients qui s’abîment le plus vite, et cuisinez-en un seul pour deux repas. Vous n’achetez rien, vous ne jetez rien, et le menu de la semaine prochaine commence déjà à s’écrire.


